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Photo d'un satellite japonais prise par la NASA le 19 juin 2019 (HANDOUT / NASA)
Le mercredi 9 et le jeudi 10 septembre,le Grand Palais à Paris accueille le Sommet international pour l'espace. L'évènement est coprésidé par la France et l'Allemagne. Il vise à développer la coopération internationale au moment où l'espace se militarise et où les entreprises privées accroissent leur présence.
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L'espace est devenu une autoroute surchargée de satellites et de débris. La question sera abordée durant ces deux jours de Sommet. Des solutions existent mais restent encore compliquées à mettre en place estime Christophe Bonnal,expert en débris spatiaux à l'Académie de l'air et de l'espace.
franceinfo : Il y a dix ans,il y avait 1500 engins autour de la planète. C'est dix fois plus aujourd'hui. L'espace est infini mais pas l'orbite de la Terre. Est-ce qu'il y a trop de monde au-dessus de nous ?
Christophe Bonnal : Oui et malheureusement,la situation n'est pas en train de s'améliorer. Quand on regarde le nombre de satellites déclarés au niveau des autorités internationales,on s'attend à avoir deux millions de satellites. Mais même si on en a 10 fois moins,c'est déjà terrible.
On est dans une croissance non contrôlée,notamment au niveau des constellations,avec une régulation très légère.
Christophe Bonnal,expert en débris spatiaux à l'Académie de l'air et de l'espaceà franceinfo
Le seul pays à peu près exemplaire,c'est la France. Parce qu'on a une loi sur le spatial depuis 2008.
C'est une sorte de Far West ?
Le Far West,avec des règles. Il y a des règles internationales depuis longtemps qui ne sont pas appliquées du tout. C'est-à-dire qu'on a des règles au niveau de l'IADC,Interagency Debris Coordination Committee,qui est le comité des 13 agences spatiales capables de polluer l'espace. Et là,toutes les décisions se font à l'unanimité. Donc,on est tous d'accord. Après,au niveau de la standardisation internationale,ISO,par exemple,Standardization Organization,on a des textes depuis 2008. mais l'un des problèmes par exemple,c'est l'administration américaine actuelle qui vient d'annoncer un allègement très fort des contraintes sur les constellations américaines,de manière à ne pas les brider.
Et tout cela pose problème car il y a des risques de collisions. Quelles peuvent être les conséquences ?
Il y a des risques de collisions et d'emballement. C'est ce qu'on appelle le syndrome de Kessler. Dans les altitudes,entre 700 et 1000 kilomètres d'altitude,les débris se régénèrent par collision mutuelle. Quand un débris rencontre un satellite,ça génère une centaine,une dizaine de milliers de nouveaux débris suivant l'énergie et suivant les tailles. Ces débris eux-mêmes vont rester là-haut longtemps.
Un débris à 800 km d'altitude par exemple,est là-haut pour deux siècles.
Christophe Bonnal,expert en débris spatiaux à l'Académie de l'air et de l'espaceà franceinfo
Pendant deux siècles,il se déplace à 30 000 km à l'heure et est prêt à rentrer en collision avec n'importe qui. Et ça,c'est critique. Par exemple,en ce moment,l'un de nos soucis majeurs,ce sont nos collègues chinois qui ont des opérations spatiales très sales,où ils laissent leurs étages supérieurs délibérément dans des zones très critiques. On n'arrive pas à leur faire prendre conscience que l'espace est limité et qu'ils sont en train de le pourrir.
Est-ce qu'il y a des projets de remorqueurs spatiaux,des sortes de camions poubelles de l'espace ?
Ça fait probablement 20 ans qu'on a ces projets. Ils n'ont pas démarré parce que c'est très compliqué d'aller les chercher. Il faut aller rechercher des gros objets qui font des tonnes,10 mètres de long par exemple pour les plus gros débris. Il y a pas mal de sociétés,de startups qui s'y intéressent. Elles sont très fortement encouragées par les agences,notamment le CNES ou l'ESA par exemple.
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C'est compliqué à capturer,on comprend. Est-ce qu'il est possible de les envoyer plus loin ?
On parle d'objets qui sont à 700,800 kilomètres. Si on voulait les envoyer beaucoup plus loin,c'est-à-dire en dehors complètement des zones critiques,ça coûterait plus cher en carburant et en effort,que de les faire rentrer. Donc on préfère les faire rentrer. Ce qu'on appelle désorbiter de façon contrôlée dans le sud du Pacifique par exemple. C'est ce qu'on a déjà fait pour les très gros objets comme la TV européenne qui faisait 20 tonnes. C'est ce qui est en train de se préparer pour l'ISS,la station internationale,qui en 2031 sera précipitée dans le sud du Pacifique au fameux point Nemo. C'est une manière de faire qu'on essaie d'encourager au maximum. Mais pour le moment,il n'y a pas grand nombre qui le fait.
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